Luniz – Operation Stackola
Par Scoss • 14 juil, 2010 • Catégorie: Chroniques •

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1. Intro
2. Put The Lead On Ya
3. I Got 5 On It
4. Broke Hos
5. Pimps, Playas & Hustlas
6. Playa Hata
7. Broke Niggaz
8. Operation Stackola
9. 5150
10. 900 Blame On A Nigga
11. Yellow Brick Road
12. So Much Drama
13. She’s Just A Freak
14. Plead Guilty
15. I Got 5 On It (Reprise)
16. Outro
La principale erreur de The Luniz aura été d’arriver avec 3 ans de retard. En 1995, le G-Funk était à son zenith et allait rapidement décliner à partir de l’année suivante. D’autant plus que de l’autre côté du pays de l’Oncle Sam, sur la East Coast, les rappeurs avaient commencé à préparer la riposte en sortant quelques bombes (Illmatic de Nas, The Infamous de Mobb Deep, les diverses tueries des membres du Wu Tang, …) recentrant ainsi quelque peu l’attention sur la Grosse Pomme. C’est pour cette raison que, dès leur deuxième album, les « Luny Tunz » (comme ils s’appelaient originellement) tombèrent presque dans l’oubli. Néanmoins ils auront eu le temps avec leur premier album de laisser leur empreinte sur le Walk Hall of Fame du Hip Hop.
C’est donc en Juillet 95 que débarque, tout droit d’Oakland, Operation Stackola de Luniz. A l’écoute du single, et grand tube du Hip Hop, I Got 5 On It on pourrait presque croire que le groupe vient de la East Coast avec son sample sombre et hypnotique et un refrain soul évoquant plus les arrières cour enfumées de New York que les plages de Californie. Pourtant c’est bien à un pur album de G-Funk que l’on a affaire. Sans toutefois tout pomper sur Dre, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès du style : claviers intersidéraux, rythmiques funk et paroles bien gangsta. Luniz affirme tout de même sa différence par une approche un tant soit peu différente du style. Tout d’abord le groupe n’hésite pas à utiliser des ambiances plus sombres (I Got 5 On It), toujours funky mais tout de même inquiétantes (900 Blame On A Nigga, So Much Drama) au milieu de morceau beaucoup plus funk et posés (Pimps Playas Hustlas, le très soul Playa Hata) et en jouant à fond la carte Gangsta. Dès l’intro on est pris dans un déluge sonore qui mixe funk, distortions et flingues pour nous montrer que l’on a pas affaire à des enfants de choeurs. Puis I Got 5 On It nous convaincra avec son apologie de la drogue en guise de single.
Côté flow, Yukmouth et Numskull, les deux MCs, posent encore leur différence. Au lieu de poser tranquillement sur le beat, les deux compères traînent leurs flows au gré de leurs envies, passant parfois outre les mesures pour sonner plus agressifs. Plus survoltés que leurs collègues de Los Angeles, les deux gars d’Oakland nous offrent quelques moments d’anthologie sur l’excellent Yellow Brick Road (qui parle du Ice Cream Man, leur métaphore pour désigner un dealer), Operation Stackola, ou les très posés Pimps Playas & Hustlas et Playa Hata.
Operation Stackola respire cet esprit typiquement 90’s, ce rap nourri de contrastes qui respire le soleil, mais éructe la violence des gangs, et dépeint les fantasmes d’une jeunesse noire coincée dans la misère et le mode de vie des ghettos. Cet album est tout simplement l’un des meilleurs albums de G-Funk, qui utilise avec intelligence les codes du style en les cuisinant à sa propre sauce pour nous offrir des morceaux savoureux. Un album qui, contrairement à ses auteurs, passera à la postérité.

Ca c’est du skeud
J’m'en souviens comme si c’était hier.
J’aimais bien pimps, playaz and hustlaz…
I got five on it c’était le début des « singles » dans le rap…
—kasper