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The Best of Blaxploitation

Par Scoss • 9 juin, 2010 • Catégorie: Soul/Funk/Rock


Dire que j’ai longuement hésité avant de poster la chronique d’une compilation serait exagéré, néanmoins je me suis posé quelques questions? « Une compilation? Cela correspond-il à l’esprit du site? »,  me demandais-je. Puis je me suis rappelé que l’objectif était de parler d’artistes de Hip Hop, d’artistes samplés, de faire découvrir et partager des artistes qui de près ou de loin ont permis ou influencé l’éclosion et le développement du Hip Hop. Dès que je me suis aperçu que cette compil’ correspondait parfaitement à ces conditions ,je me suis dit que j’avais tort de me priver.

Car effectivement, les amateurs de samples, de soul et de funk auraient tort de passer à côté de cette superbe compilation. Emballée dans un coffret relativement sobre mais à l’illustration inspirée, celle ci propose de revenir sur les hits musicaux du courant Blaxploitation. Pour ceux qui l’ignorent, la Blaxploitation est un style cinématographique apparu au début des années 70 et dont les films réalisés par des noirs, mettaient en scène un héros noir charismatique, souvent flic ou justicier, combattant à sa manière le crime dans les ghettos. La trilogie Shaft ou le film Superfly en sont les plus célèbres exemples. Evidemment les B.O. qui les accompagnaient étaient composées par les pointures de la musique noire de l’époque. Voilà donc l’intérêt de cette compilation qui, au travers de son approche cinématographique, réunit le gratin de la soul et du funk du début 70’s.

Le résultat est tout simplement excellent. Du groove, du groove et encore du groove, du sample au kilomètre, du feeling, de la folie, du talent, de l’émotion, … tout ceci est présent sur cette triple compilation. Au niveau des artistes présents on retrouve du (très, très) lourd avec James Brown, Kool & The Gang, Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Ike & Tina Turner ou encore The Temptations au milieu de quelques groupes moins connus mais tout aussi excellents (The Meters, Ripple, Cymande).  En plus d’offrir du très gros son, cette compilation réussit à nous plonger dans l’ambiance des 70’s, quelque part entre le strass et les paillettes et  la révolte des ghettos, nous rappelant que le Funk est une musique contestataire, un prémice du Hip Hop.

Que ce soit pour les amateurs du genre ou les néophytes cette compilation est une tuerie qui permet de découvrir ou redécouvrir certains des artistes les plus talentueux des 60’s et des 70’s. Seul bémol mais de taille, l’absence du thème de Shaft , l’hymne Blaxploitation par excellence ainsi que l’absence du superbe Across 110th Street de Bobby Womack. Pour le reste que du lourd, rajoutez à cela un livret pour chacun des 3 disques qui explique brièvement pour chacun  morceaux de quel film ils font partie et, comble du comble, par qui il a été samplé si tel est le cas. Bref pour tous les amateurs de sample, de groove, de soul de funk, fan des 70’s ruez vous sur cette excellente compilation.



Slayer – Reign in Blood

Par Scoss • 22 fév, 2010 • Catégorie: Chroniques, Soul/Funk/Rock


- Tracklist :

1. Angel of Death
2. Piece by Piece
3. Necrophobic
4. Altar of Sacrifice
5. Jesus Saves
6. Criminally Insane
7. Reborn
8. Epidemic
9. Postmortem
10. Raining Blood

- Chronique :

Dans l’histoire du Thrash Metal, 1986 aura surement été l’année de son apogée. Deux monstres sacrés du genre ont chacun sorti leur chef d’oeuvre : Metallica a sorti Master of Puppets et Slayer (dont il est question ici) a sorti Reign In Blood. Si le premier cité représente l’aspect plus épique et mélodique de ce courant, Reign In Blood en représente surtout l’aspect le plus violent et barbare.

Après 2 albums et 1 (faux) live, Slayer décide de signer sur Def Jam (oui oui le légendaire label de Hip Hop) et s’attacher les services de Rick Rubin pour la production afin de s’offrir un son plus puissant. Le groupe subit alors une véritable transformation sonore et change de manière de composer pour des morceaux beaucoup plus directs. Le résultat est énorme, Reign In Blood dépasse de loin toutes les attentes.

Du début à la fin cet album est une véritable boucherie. Le groupe a raccourci la durée de ses morceaux (seuls Angel of Death et Raining Blood dépassent les 4 minutes) mais les a rendus bien plus intenses en relevant le tempo (220 à la noire pour certains morceaux), en ne laissant que très peu de temps mort et en appuyant sur le côté vicieux et dissonant des riffs de guitare. Chacun des musiciens se démène comme jamais à son poste, Tom Araya déclame ses couplets à une vitesse hallucinante, la paire King et Hanneman enchaîne les riffs et les soli supersoniques comme un Bavarois enchaîne les pintes à la fête de la bière, enfin Dave Lombardo est tout simplement hallucinant de rapidité, de puissance et de précision derrière ses fûts. Les textes vont de pair avec la violence dégagée par la musique; au programme : les atrocités du docteur Mengele (Angel of Death), anticléricalisme (Jesus Saves), meutres, guerre et génocide (Raining Blood) ce qui a valu au groupe de très nombreuses controverses lors de la sortie de l’album.

Si le groupe a aujourd’hui été très largement dépassé en terme de brutalité, la violence qui se dégage de cet album mythique reste ahurissante tant le groupe (aidé par la production de Rick Rubin) déploie d’énergie dévastatrice. Plus de 23 ans après sa sortie, Reign In Blood est toujours LA référence en terme de Metal Extrême et dont l’influence s’étend du Hip Hop (oui oui) au Metal le plus extrême.



Led Zeppelin – Led Zeppelin IV

Par Scoss • 29 jan, 2010 • Catégorie: Chroniques, Soul/Funk/Rock


- Tracklist :

1. Black Dog
2. Rock and Roll
3. Battle of Evermore
4. Stairway to Heaven
5. Misty Mountain Hop
6. Four Sticks
7. Going to California
8. When the Levee Breaks

- Chronique :

Novembre 1971, Led Zeppelin, sort son quatrième album, et quel album!!!
Non contente d’avoir à jamais révolutionné le Rock avec ses trois premiers albums, la bande de Jimmy Page, enfonce à jamais le clou avec ce quatirème album en même pas 3 ans.

Affirmant un peu plus sa personnalité hors norme et désireux de s’éloigner des schémas commerciaux traditionnels, le « Zeppelin de Plomb » affiche son côté mystérieux et son intérêt pour l’occulte. A l’image de cette pochette représentant un vieil homme portant des fagots de bois, sans titre ni nom du groupe, ou encore de ces 4 symboles mystérieux sur la tranche de l’album, ne laissant aux journalistes que le choix d’appeler cet album Led Zeppelin IV.

Pour ce quatrième album, le groupe semble s’être assagi laissant place à trois ballades sur les huit titres que compte l’album. C’est pourtant de manière survoltée que va commencer l’album avec un Black Dog imparable. Un riff de guitare monstrueux, à la fois dansant et pesant, appuyé par la batterie de John Bonham donne au morceau un groove tout simplement hallucinant. S’en suit Rock and Roll qui reprend à son compte un riff basique de Rock N’Roll accéléré et joué avec énergie. Le groupe laisse néanmoins respirer l’auditeur avec The Battle of Evermore, ballade folk acoustique, empreinte de mysticisme montrant une nouvelle fois tout le talent de composition des musiciens.

Chaque titre possède sa propre personnalité au sein de l’album. Le dansant Misty Mountain Hop, le pesant Four Sticks avec son riff bluesy et ses percussions presques tribales, la ballade mélancolique Going to California, montrent la polyvalence dont savent faire preuve Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham. Mais cet album recèle surtout deux joyaux, deux pépites musicales dont les écoutes répétées ne sauraient ternir l’éclat. Stairway to Heaven, la ballade acoustique emmenée par une guitare folk et une flûte enchantée qui se mue en hymne à la nature sur fond de guitares saturées tout simplement magiques, justifie à elle seule l’achat de cet album. When the Levee Breaks, qui clôt l’album, véritable morceau bluesy atypique avec son harmonica psychédélique perdu dans la tempête des guitares de Page.

Il n’en fallait pas tant pour que Led Zeppelin entre dans la légende, mais ce quatrième album a définitivement assis Led Zeppelin au panthéon du Rock N’Roll tout en devenant l’un des albums les plus vendus de tous les temps.



Parliament – The Clones of Dr Funkenstein

Par Scoss • 23 jan, 2010 • Catégorie: Chroniques, Soul/Funk/Rock

- Tracklist :

1. Prelude
2. Gamin’ on Ya!
3. Dr. Funkenstein
4. Children of Productions
5. Getten’ to Know You
6. Do that Stuff
7. Everything is on the One
8. I’ve Been Watching You (Move Your Sexy Body)
9. Funkin’ for Fun

- Chronique :

1976, même pas un an après le légendaire Mothership Connection (porté au firmament par toute la scène Rap West Coast des 90’s, Dr Dre en tête) voilà que la joyeuse troupe de Georges Clinton et Bootsy Collins revient sur Terre pour y répandre une nouvelle fois le Funk. Pour ce cinquième album, Parliament s’offre la section cuivre du grand James Brown pour un résultat tout simplement excellent. Parliament fait toujours ce qu’il sait faire de mieux, du P-Funk à la joie communicative agrémenté de ses délires spatiaux.

Démarrant sur un Prelude presque inquiétant avec son synthé perdu dans le vide intersidéral, l’album déroule ensuite pour installer ces ambiances dont seul Gerges Clinton en a le secret. Le quasi instrumental Gamin on Ya! classieux et rythmé ou encore Children of Productions avec ses arrangements subtils, vous prennent instantanément aux tripes pour ne plus vous lâcher. Le délirant Dr. Funkenstein dont un autre Dr. du Hip Hop a du s’inspirer pour ses skits. Et que dire des deux derniers morceaux de l’album I’ve been Watching You véritable slow à la Parliament, sensuel et planant et Funkin’ for Fun qui clôt l’album d’une manière positive.

Comme dit plus tôt, c’est ici la section cuivre de James Brown qui officie sur cet album et autant le dire, ça déménage sec. Ce sont les cuivres qui sont d’ailleurs les stars de cet album. Présents sur tous les titres, ils dictent l’ambiance, mélodiques et rythmés ou alors se mettent en retrait pour la soutenir magistralement. Le son de l’album s’en ressent, plus poli, plus doux, la basse plus en retrait, pour laisser planer l’auditeur le plus haut et le plus longtemps possible. Cette configuration presque « Pop » sied parfaitement à Parliament qui réalise ainsi l’un de ses meilleurs albums.