Archives par Auteur

Luniz – Operation Stackola

Par Scoss • 14 juil, 2010 • Catégorie: Chroniques

1. Intro
2. Put The Lead On Ya
3. I Got 5 On It
4. Broke Hos
5. Pimps, Playas & Hustlas
6. Playa Hata
7. Broke Niggaz
8. Operation Stackola
9. 5150
10. 900 Blame On A Nigga
11. Yellow Brick Road
12. So Much Drama
13. She’s Just A Freak
14. Plead Guilty
15. I Got 5 On It (Reprise)
16. Outro

La principale erreur de The Luniz aura été d’arriver avec 3 ans de retard. En 1995, le G-Funk était à son zenith et allait rapidement décliner à partir de l’année suivante. D’autant plus que de l’autre côté du pays de l’Oncle Sam, sur la East Coast, les rappeurs avaient commencé à préparer la riposte en sortant quelques bombes (Illmatic de Nas, The Infamous de Mobb Deep, les diverses tueries des membres du Wu Tang, …)  recentrant ainsi quelque peu l’attention sur la Grosse Pomme. C’est pour cette raison que, dès leur deuxième album, les « Luny Tunz » (comme ils s’appelaient originellement) tombèrent presque dans l’oubli. Néanmoins ils auront eu le temps avec leur premier album de laisser leur empreinte sur le Walk Hall of Fame du Hip Hop.

C’est donc en Juillet 95 que débarque, tout droit d’Oakland, Operation Stackola de Luniz. A l’écoute du single, et grand tube du Hip Hop, I Got 5 On It on pourrait presque croire que le groupe vient de la East Coast avec son sample sombre et hypnotique et un refrain soul évoquant plus les arrières cour enfumées de New York que les plages de Californie. Pourtant c’est bien à un pur album de G-Funk que l’on a affaire. Sans toutefois tout pomper sur Dre, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès du style : claviers intersidéraux, rythmiques funk et paroles bien gangsta. Luniz affirme tout de même sa différence par une approche un tant soit peu différente du style. Tout d’abord le groupe n’hésite pas à utiliser des ambiances plus sombres (I Got 5 On It), toujours funky mais tout de même inquiétantes (900 Blame On A Nigga, So Much Drama) au milieu de morceau beaucoup plus funk et posés (Pimps Playas Hustlas, le très soul Playa Hata) et en jouant à fond la carte Gangsta. Dès l’intro on est pris dans un déluge sonore qui mixe funk, distortions et flingues pour nous montrer que l’on a pas affaire à des enfants de choeurs. Puis I Got 5 On It nous convaincra avec son apologie de la drogue en guise de single.

Côté flow, Yukmouth et Numskull, les deux MCs, posent encore leur différence. Au lieu de poser tranquillement sur le beat, les deux compères traînent leurs flows au gré de leurs envies, passant parfois outre les mesures pour sonner plus agressifs. Plus survoltés que leurs collègues de Los Angeles, les deux gars d’Oakland nous offrent quelques moments d’anthologie sur l’excellent Yellow Brick Road (qui parle du Ice Cream Man, leur métaphore pour désigner un dealer), Operation Stackola, ou les très posés Pimps Playas & Hustlas et Playa Hata.

Operation Stackola respire cet esprit typiquement 90’s, ce rap nourri de contrastes qui respire le soleil, mais éructe la violence des gangs, et dépeint les fantasmes d’une jeunesse noire coincée dans la misère et le mode de vie des ghettos. Cet album est tout simplement l’un des meilleurs albums de G-Funk, qui utilise avec intelligence les codes du style en les cuisinant à sa propre sauce pour nous offrir des morceaux savoureux. Un album qui, contrairement à ses auteurs, passera à la postérité.



The Best of Blaxploitation

Par Scoss • 9 juin, 2010 • Catégorie: Chroniques


Dire que j’ai longuement hésité avant de poster la chronique d’une compilation serait exagéré, néanmoins je me suis posé quelques questions? « Une compilation? Cela correspond-il à l’esprit du site? »,  me demandais-je. Puis je me suis rappelé que l’objectif était de parler d’artistes de Hip Hop, d’artistes samplés, de faire découvrir et partager des artistes qui de près ou de loin ont permis ou influencé l’éclosion et le développement du Hip Hop. Dès que je me suis aperçu que cette compil’ correspondait parfaitement à ces conditions ,je me suis dit que j’avais tort de me priver.

Car effectivement, les amateurs de samples, de soul et de funk auraient tort de passer à côté de cette superbe compilation. Emballée dans un coffret relativement sobre mais à l’illustration inspirée, celle ci propose de revenir sur les hits musicaux du courant Blaxploitation. Pour ceux qui l’ignorent, la Blaxploitation est un style cinématographique apparu au début des années 70 et dont les films réalisés par des noirs, mettaient en scène un héros noir charismatique, souvent flic ou justicier, combattant à sa manière le crime dans les ghettos. La trilogie Shaft ou le film Superfly en sont les plus célèbres exemples. Evidemment les B.O. qui les accompagnaient étaient composées par les pointures de la musique noire de l’époque. Voilà donc l’intérêt de cette compilation qui, au travers de son approche cinématographique, réunit le gratin de la soul et du funk du début 70’s.

Le résultat est tout simplement excellent. Du groove, du groove et encore du groove, du sample au kilomètre, du feeling, de la folie, du talent, de l’émotion, … tout ceci est présent sur cette triple compilation. Au niveau des artistes présents on retrouve du (très, très) lourd avec James Brown, Kool & The Gang, Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Ike & Tina Turner ou encore The Temptations au milieu de quelques groupes moins connus mais tout aussi excellents (The Meters, Ripple, Cymande).  En plus d’offrir du très gros son, cette compilation réussit à nous plonger dans l’ambiance des 70’s, quelque part entre le strass et les paillettes et  la révolte des ghettos, nous rappelant que le Funk est une musique contestataire, un prémice du Hip Hop.

Que ce soit pour les amateurs du genre ou les néophytes cette compilation est une tuerie qui permet de découvrir ou redécouvrir certains des artistes les plus talentueux des 60’s et des 70’s. Seul bémol mais de taille, l’absence du thème de Shaft , l’hymne Blaxploitation par excellence ainsi que l’absence du superbe Across 110th Street de Bobby Womack. Pour le reste que du lourd, rajoutez à cela un livret pour chacun des 3 disques qui explique brièvement pour chacun  morceaux de quel film ils font partie et, comble du comble, par qui il a été samplé si tel est le cas. Bref pour tous les amateurs de sample, de groove, de soul de funk, fan des 70’s ruez vous sur cette excellente compilation.



Cannibal Ox – The Cold Vein

Par Scoss • 15 avr, 2010 • Catégorie: Chroniques

1. Iron Galaxy
2. Ox Out Of The Cage
3. Atom
4. A B-Boys Alpha
5. Raspberry Fields
6.Straight Off The D.I.C.
7. Vein
8. The F-Word
9. Stress Rap
10. Battle For Asgard
11. Real Earth
12. Ridiculoid
13. Painkiller
14. Pigeon
15. Scream Phoenix

Cannibal Ox? The Cold Vein? Quel curieux choix d’album, d’autant plus que celui ci n’est ni un « classique » du Hip Hop à proprement parler, ni un album connu du grand public. Sorti discrètement en 2001 sur le label Def Jux, ce premier (et surement dernier) album de Cannibal Ox a toutefois remporté un vif succès critique et su conquérir une fanbase tenace et fidèle.

Tout commence en 2000 lorsque El-P, après le split des mythiques Company Flow, fonde son propre label Definitive Jux Records et se lance dans une carrière solo de rappeur/producteur. Il repère et lance dans le grand bain deux MC’s Vast Aire et Vordul Mega formant le duo Cannibal Ox. Au printemps 2001 sort The Cold Vein premier album de Cannibal Ox et première sortie du label Def Jux.

Et quelle sortie mes amis! Car The Cold Vein n’est pas le genre de disque que l’on écoute et qu’on oublie aussi sec. Non, The Cold Vein est un album singulier, d’une qualité rare, qui surprend, déroute, sort des schémas convenus du Hip Hop mais finit par s’imposer aux oreilles de l’auditeur avisé comme une évidence.

Le travail de production énorme de El-P est, avant tout, la principale qualité de cet album. Tordues, dissonantes, hypnotiques, planantes, psychédéliques chacune des instrus de cet album réussit à emmener l’auditeur dans un univers sombre, futuriste mais paradoxalement très terre à terre qui colle parfaitement avec les thèmes abordés tout au long de cet album. El-Producto sample, déconstruit et mixe avec un brio sans égal. Ne soyez pas étonnés d’entendre des choeurs d’église soutenues par des synthétiseurs d’outre espace, des lignes de basse jazzy accompagner des guitares saturées, des sonars se perdre dans un capharnaum synthétique, des pianos hypnotiques répondre à des basses saturées, …

Si, il faut l’avouer, les prods de El-P volent la vedette aux 2 MC’s, les deux compères s’en sortent avec les honneurs. Pas forcément très techniques ou rapides, les flows des MC’s se complètent parfaitement et collent aux beats d’El-P. Les lyrics s’éloignent des schémas « Bling Bling » en vogue pour revenir aux fondements du Hip Hop et à la glorieuse période du Rap New Yorkais des 90’s. Ici pas de « biaaatchs » en bikini, pas de Porsches rutilantes ou de jacuzzis brûlants. Non, Cannibal Ox nous sert une description minutieuse des ghettos, de la drogue, des chagrins d’amour, de la violence. Entre métaphores futuristes et descriptions réalistes Vast Aire et Vordul dressent le canevas de leurs vies à Harlem entre pessimisme et optimisme.

Chef d’oeuvre parmi les chefs d’oeuvre de ce disque, Pigeon, décris en 6 minutes la vie dans les ghettos en comparant ses individus à des pigeons. Morceau concept d’apparence farfelue mais férocement juste, porté par une instru surréaliste.

La force de cet album est de transporter l’auditeur entre rêve et réalité. The Cold Vein ne se contente pas d’offrir d’excellents morceaux de rap, mais propose un univers tout entier, perdu, quelque part entre présent, avenir et passé, quelque part entre vrai Hip Hop et abstraction. Si The Cold Vein est un album bien trop singulier pour avoir un impact sur la scène Hip Hop mondiale, il n’en reste pas moins un chef d’oeuvre intemporel, hélas trop peu (re)connu.



Public Enemy – It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back

Par Scoss • 6 avr, 2010 • Catégorie: Chroniques

- Tracklist :

1. Countdown to Armaggeddon
2. Bring the Noise
3. Don’t Believe the Hype
4. Cold Lampin’ With Flavor
5. Terminator X to the Edge of Panic
6. Mind Terrorist
7. Louder than a Bomb
8. Caught Can we Get a Witness
9. Show Em Watcha Got
10. She Watch Channel Zero
11. Night of the Living Basehead
12. Black Steel in the Hour of Chaos
13. Security of the First World
14. Rebel Without a Pause
15. Prophets of Rage
16. Party for your Right to Fight

- Chronique :

Plutôt que de tourner autour du pot pendant des heures, voici la question qui brûle les lèvres (ou plutôt les touches de claviers) de votre serviteur : It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back est-il le meilleur album de l’histoire du Hip Hop? A en croire les différents classements des magazines musicaux, les chroniques élogieuses de la presse et les hommages des différents artistes de la scène Rap, la réponse serait bien évidemment affirmative. Mais laissons à chacun son avis sur la question, d’autant plus qu’ITANOMTHUB (pour faire plus court), tout comme ses auteurs, appartient à une autre époque.

Cette époque c’est la fin des années 80, 1988 plus précisément. La scène Hip Hop est presque exclusivement concentrée à New York. Dr. Dre n’a pas encore popularisé le Gangsta Rap et la scène West Coast est encore en plein balbutiements, mais déja un sentiment de danger émane de la contre-culture qu’est le rap. Ce sentiment est incarné à lui tout seul par un groupe : Public Enemy.

Le groupe avait déja acquis une réputation sulfureuse avec son premier opus, porté par le single Public Enemy N°1, et des prestations live endiablées. Mais It Takes a Nation of Million to Hold Us Back leur second opus va véritablement propulser le groupe sur le devant de la scène. Avec ce véritable concentré de rage revendicatrice, Public Enemy et son armée vont terroriser le monde tout entier à coups d’instrus destructurées et furieuses et de paroles vindicatives envers la société.

Prenez des instrus funk, broyez les et incorporez-y des percussions furieuses, des bruitages industriels, des interventions vocales d’icônes de la cause noire (Malcolm X entre autres…), saupoudrez de scratchs assassins et laissez bouillir le tout avec des paroles crues et explicites traitant des problèmes des ghettos, de la drogue, du gouvernement, des discriminations, … Le nombre de samples absolument ahurissants qui forment le patchwork de cet album donne à celui ci une impression de véritable chaos sonore et conceptuel où les flows, différents mais complémentaires, de Chuck D. et Flavor Flav’ semblent autant d’appels à la révolte.

Car de bout en bout l’album transpire la rébellion. De l’introduction Countdown to Armaggeddon au final Party for Your Right to Fight en passant par les emblématiques Don’t Believe the Hype, She Watch Channel Zero (et son sample Metal qui a influencé une bonne partie de la scène Hardcore), Black Steel in the Hour of Chaos ou encore Prophets of Rage, Public Enemy se fait l’étendard de la cause noire perdue dans la drogue, les ghettos et les discriminations. Chuck D. véritable leader idéologique lâche ses textes avec une conviction encore jamais entendue jusque là, épaulé par un Flavor Flav’ en grande forme qui représente à lui seul l’âme visuelle du groupe. La production de Rick Rubin (M. Def Jam!!!) renforce encore un peu plus l’incroyable puissance du groupe, donnant à cet album des airs de véritable meeting révolutionnaire en plein milieu du Bronx.

Car la force de Public Enemy est de réussir à nous transporter dans son monde. Dans ce New York sordide, la face cachée de l’Amérique, où au détour d’une ruelle sombre un junkie zombifié crève dans son vomi, où un clochard meurt lentement au milieu des cartons et des rats dans le vacarme assourdissant des sirènes de police, où dealers et prostituées se partagent le trottoir où les sound systems pour briser cette monotonie sordide envahissent les rues et font danser les populations défavorisées.

Avec cet album, Public Enemy sort un véritable brulôt provocateur et brutal, qui s’il appartient désormais à une autre époque, a eu une influence capitale sur toute la scène Hip Hop à venir. La rage, l’intelligence et le charisme sans égal des compositions de cet album font de celui ci un disque essentiel dont l’aura a depuis largement dépassé le cadre du Hip Hop.
Essentiel!



Slayer – Reign in Blood

Par Scoss • 22 fév, 2010 • Catégorie: Chroniques


- Tracklist :

1. Angel of Death
2. Piece by Piece
3. Necrophobic
4. Altar of Sacrifice
5. Jesus Saves
6. Criminally Insane
7. Reborn
8. Epidemic
9. Postmortem
10. Raining Blood

- Chronique :

Dans l’histoire du Thrash Metal, 1986 aura surement été l’année de son apogée. Deux monstres sacrés du genre ont chacun sorti leur chef d’oeuvre : Metallica a sorti Master of Puppets et Slayer (dont il est question ici) a sorti Reign In Blood. Si le premier cité représente l’aspect plus épique et mélodique de ce courant, Reign In Blood en représente surtout l’aspect le plus violent et barbare.

Après 2 albums et 1 (faux) live, Slayer décide de signer sur Def Jam (oui oui le légendaire label de Hip Hop) et s’attacher les services de Rick Rubin pour la production afin de s’offrir un son plus puissant. Le groupe subit alors une véritable transformation sonore et change de manière de composer pour des morceaux beaucoup plus directs. Le résultat est énorme, Reign In Blood dépasse de loin toutes les attentes.

Du début à la fin cet album est une véritable boucherie. Le groupe a raccourci la durée de ses morceaux (seuls Angel of Death et Raining Blood dépassent les 4 minutes) mais les a rendus bien plus intenses en relevant le tempo (220 à la noire pour certains morceaux), en ne laissant que très peu de temps mort et en appuyant sur le côté vicieux et dissonant des riffs de guitare. Chacun des musiciens se démène comme jamais à son poste, Tom Araya déclame ses couplets à une vitesse hallucinante, la paire King et Hanneman enchaîne les riffs et les soli supersoniques comme un Bavarois enchaîne les pintes à la fête de la bière, enfin Dave Lombardo est tout simplement hallucinant de rapidité, de puissance et de précision derrière ses fûts. Les textes vont de pair avec la violence dégagée par la musique; au programme : les atrocités du docteur Mengele (Angel of Death), anticléricalisme (Jesus Saves), meutres, guerre et génocide (Raining Blood) ce qui a valu au groupe de très nombreuses controverses lors de la sortie de l’album.

Si le groupe a aujourd’hui été très largement dépassé en terme de brutalité, la violence qui se dégage de cet album mythique reste ahurissante tant le groupe (aidé par la production de Rick Rubin) déploie d’énergie dévastatrice. Plus de 23 ans après sa sortie, Reign In Blood est toujours LA référence en terme de Metal Extrême et dont l’influence s’étend du Hip Hop (oui oui) au Metal le plus extrême.



Dr. Dre – 2001

Par Scoss • 22 fév, 2010 • Catégorie: Chroniques

1. Lolo (Intro)
2. The Watcher
3. Fuck You
4. Still D.R.E.
5. Big Ego’s
6. Xxplosive
7. What’s the Difference
8. Bar One
9. Light Speed
10. Forgot About Dre
11. The Next Episode
12. Let’s Get High
13. Bitch Niggaz
14. The Car Bomb
15. Murder Ink
16. Ed-Ucation
17. Some L.A. Niggaz
18. Pause 4 Porno
19. Housewife
20. Ackrite
21. Bang Bang
22. The Message / Outro

7, c’est le nombre d’années qu’a attendu le monde du Hip Hop entre The Chronic et ce 2001 (ausi appelé Chronic 2001). Une attente qui aura permis à certains de cracher leur venin sur Dre et laisser entendre qu’il n’était plus capable de sortir un album. Mais autant le dire tout de suite, l’attente n’aura pas été vaine…

Passé Lolo, l’intro « gangsta » de l’album, 2001 peut enfin démarrer. Ce qui frappe d’entrée, c’est la mue opérée par Dr. Dre. Le son est puissant, très clean, chaque instrument sonne à la perfection de manière très pure. Mais c’est surtout le changement de style qui surprend le plus à la première écoute. Plus sombre, plus sobre, l’ambiance de l’album est beaucoup plus feutrée, luxueuse, classieuse… A titre de comparaison, si The Chronic pouvait être la bande son d’une fête sur une plage californienne, 2001 sonne plutôt comme celle d’un night club enfumé où des bimbos laissent admirer lascivement leurs formes généreuses devant des gangstas assis un blunt à la main.

Dr. Dre réalise sur cet album une synthèse parfaite des styles, en destructurant totalement son G-Funk originel et en le mixant avec des ambiances East Coast. On retrouvera ici et là quelques réminiscences de son glorieux passé (par exemple les refrains de What’s The Difference et Housewife avec leurs sifflements intersidéraux) mais Dre semble avoir tourné la page des 90’s pour s’offrir les années 2000. A ce propos, le titre 2001 laisse entendre que Dr. Dre est en avance sur son temps, ce qui est tout à fait le cas.

Andre Young a donc changé de recette mais le résultat est toujours là, 2001 fourmille d’idées largement reprises par d’autres quelques années plus tard et impose de nouveaux standards au Hip Hop. Still D.R.E, The Next Episode, What’s The Difference (dont l’instru a été réutilisée un nombre impressionant de fois) et Forgot About Dre sont aujourd’hui des classiques. Et lorsqu’ils ne sont pas des hymnes, les morceaux sont tout simplement excellents (The Watcher, Big Ego’s, Bitch Niggaz, The Message, Let’s Get High, Murder Ink, …).

Du côté des guests, Dr. Dre s’entoure encore des pointures du moment. L’inévitable Snoop Dogg vient lâcher ses rimes et apporter sa touche sur de nombreux morceaux, tandis que la nouvelle star du Hip Hop, Eminem, signe deux tueries sur What’s The Difference et Forgot About Dre. Pour le reste on retrouve Xzibit, Nate Dogg, Kurupt, Hittman, Mel Man, Mary J. Blige, …

Au final, 2001 s’avère être un nouveau classique du Hip Hop « made in Dre ». Si celui ci pêche quelque peu par ses lyrics trop banalement vulgaires, on ne pourra lui enlever le fait d’avoir défini à lui tout seul une bonne partie du son Rap des années 2000. Dr. Dre s’impose ainsi comme une personnalité intouchable et 2001 comme un album indétrônable; jusqu’à Detox ?



Led Zeppelin – Led Zeppelin IV

Par Scoss • 29 jan, 2010 • Catégorie: Chroniques


- Tracklist :

1. Black Dog
2. Rock and Roll
3. Battle of Evermore
4. Stairway to Heaven
5. Misty Mountain Hop
6. Four Sticks
7. Going to California
8. When the Levee Breaks

- Chronique :

Novembre 1971, Led Zeppelin, sort son quatrième album, et quel album!!!
Non contente d’avoir à jamais révolutionné le Rock avec ses trois premiers albums, la bande de Jimmy Page, enfonce à jamais le clou avec ce quatirème album en même pas 3 ans.

Affirmant un peu plus sa personnalité hors norme et désireux de s’éloigner des schémas commerciaux traditionnels, le « Zeppelin de Plomb » affiche son côté mystérieux et son intérêt pour l’occulte. A l’image de cette pochette représentant un vieil homme portant des fagots de bois, sans titre ni nom du groupe, ou encore de ces 4 symboles mystérieux sur la tranche de l’album, ne laissant aux journalistes que le choix d’appeler cet album Led Zeppelin IV.

Pour ce quatrième album, le groupe semble s’être assagi laissant place à trois ballades sur les huit titres que compte l’album. C’est pourtant de manière survoltée que va commencer l’album avec un Black Dog imparable. Un riff de guitare monstrueux, à la fois dansant et pesant, appuyé par la batterie de John Bonham donne au morceau un groove tout simplement hallucinant. S’en suit Rock and Roll qui reprend à son compte un riff basique de Rock N’Roll accéléré et joué avec énergie. Le groupe laisse néanmoins respirer l’auditeur avec The Battle of Evermore, ballade folk acoustique, empreinte de mysticisme montrant une nouvelle fois tout le talent de composition des musiciens.

Chaque titre possède sa propre personnalité au sein de l’album. Le dansant Misty Mountain Hop, le pesant Four Sticks avec son riff bluesy et ses percussions presques tribales, la ballade mélancolique Going to California, montrent la polyvalence dont savent faire preuve Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham. Mais cet album recèle surtout deux joyaux, deux pépites musicales dont les écoutes répétées ne sauraient ternir l’éclat. Stairway to Heaven, la ballade acoustique emmenée par une guitare folk et une flûte enchantée qui se mue en hymne à la nature sur fond de guitares saturées tout simplement magiques, justifie à elle seule l’achat de cet album. When the Levee Breaks, qui clôt l’album, véritable morceau bluesy atypique avec son harmonica psychédélique perdu dans la tempête des guitares de Page.

Il n’en fallait pas tant pour que Led Zeppelin entre dans la légende, mais ce quatrième album a définitivement assis Led Zeppelin au panthéon du Rock N’Roll tout en devenant l’un des albums les plus vendus de tous les temps.



Parliament – The Clones of Dr Funkenstein

Par Scoss • 23 jan, 2010 • Catégorie: Chroniques

- Tracklist :

1. Prelude
2. Gamin’ on Ya!
3. Dr. Funkenstein
4. Children of Productions
5. Getten’ to Know You
6. Do that Stuff
7. Everything is on the One
8. I’ve Been Watching You (Move Your Sexy Body)
9. Funkin’ for Fun

- Chronique :

1976, même pas un an après le légendaire Mothership Connection (porté au firmament par toute la scène Rap West Coast des 90’s, Dr. Dre en tête) voilà que la joyeuse troupe de Georges Clinton et Bootsy Collins revient sur Terre pour y répandre une nouvelle fois le Funk. Pour ce cinquième album, Parliament s’offre la section cuivre du grand James Brown pour un résultat tout simplement excellent. Parliament fait toujours ce qu’il sait faire de mieux, du P-Funk à la joie communicative agrémenté de ses délires spatiaux.

Démarrant sur un Prelude presque inquiétant avec son synthé perdu dans le vide intersidéral, l’album déroule ensuite pour installer ces ambiances dont seul Gerges Clinton en a le secret. Le quasi instrumental Gamin on Ya! classieux et rythmé ou encore Children of Productions avec ses arrangements subtils, vous prennent instantanément aux tripes pour ne plus vous lâcher. Le délirant Dr. Funkenstein dont un autre Dr. du Hip Hop a du s’inspirer pour ses skits. Et que dire des deux derniers morceaux de l’album I’ve been Watching You véritable slow à la Parliament, sensuel et planant et Funkin’ for Fun qui clôt l’album d’une manière positive.

Comme dit plus tôt, c’est ici la section cuivre de James Brown qui officie sur cet album et autant le dire, ça déménage sec. Ce sont les cuivres qui sont d’ailleurs les stars de cet album. Présents sur tous les titres, ils dictent l’ambiance, mélodiques et rythmés ou alors se mettent en retrait pour la soutenir magistralement. Le son de l’album s’en ressent, plus poli, plus doux, la basse plus en retrait, pour laisser planer l’auditeur le plus haut et le plus longtemps possible. Cette configuration presque « Pop » sied parfaitement à Parliament qui réalise ainsi l’un de ses meilleurs albums.



Dr. Dre – The Chronic

Par Scoss • 10 sept, 2009 • Catégorie: Chroniques


- Tracklist :

1. The Chronic (Intro)
2. Fuck Wit’ Dre Day (and Everybody’s Celebratin’)
3. Let Me Ride
4. The Day the Niggaz Took Over
5. Nuthin’ but a « G » Thang
6. Deeez Nuuuts
7. Lil’ Ghetto Boy
8. A Nigga Witta Gun
9. Rat-Tat-Tat-Tat
10. The $20 Sack Pyramid
11. Lyrical Gangbang
12. High Powered
13. The Doctor’s Office
14. Standed on Death Row
15. The Roach (The Chronic Outro)
16. Bitches Ain’t Shit (Bonus)

- Chronique (Chronic?!)

1992, Los Angeles est l’épicentre d’un tremblement de terre de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, un séisme tellement puissant qu’il a touché tous les Etats Unis et une bonne partie du monde. Son nom : The Chronic ; sa cause : Dr. Dre.

Un an après le split de N.W.A. et son divorce consommé avec Ruthless Records, Dr. Dre se remet en selle avec son premier album solo sur Death Row Records. Et autant dire que Dre n’a pas raté ses débuts en solo en réalisant tout simplement l’album le plus influent du Hip Hop des années 90 et l’un des meilleurs de tous les temps.

En sortant The Chronic, il ne réalise pas simplement un excellent album de Hip Hop mais surtout une manière nouvelle de concevoir son art. Beats plus lents, instrus funkys tirées des classiques du P-Funk (Parliament/Funkadelic en tête), ambiances de fêtes californiennes au bord d’une piscine ou sur une plage ensoleillée, le G-Funk était né. Dr. Dre ouvre ainsi une brèche énorme dans laquelle vont très vite s’engouffrer de nombreux rappeurs (Snoop Dogg, Tupac, Luniz, …) et dont l’influence va se faire ressentir jusqu’en France (Alliance Ethnik pour ne citer qu’eux). En seulement trois singles parus entre 1992 et 1993, The Chronic va enterrer Public Enemy et les groupes de la East Coast (qui verra néanmoins apparaître de nombreuses pointures dans les années 90) pour imposer le Gangsta Rap comme un style mainstream.

Non content de sortir un album révolutionnaire, Dr. Dre joue également les dénicheurs de talents. Snoop Dogg alors inconnu du grand public, vient poser son flow nasillard et traînant sur la majorité des titres et lance définitivement sa carrière tandis que Warren G., Daz Dillinger ou encore Nate Dogg y font des apparitions remarquées.

Bref, The Chronic est un album incontournable qui se bonifie avec le temps et procure le même plaisir à chaque nouvelle écoute. Il suffit d’écouter n’importe lequel des trois singles de l’album pour comprendre à quel point Dr. Dre laissera à jamais une empreinte indélébile dans le Hip Hop.